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L'embryon de ta vie...

Publié le par Sophie Assimans

Un "Bébé Balbuzard"...

Un "Bébé Balbuzard"...

C’était en 1993, nous habitions Castelnau (du Médoc) et Christophe naviguait sur le Porte-Avion Clémenceau (à Toulon).

Les voyages en train écourtaient nos week-ends mais nous étions jeunes mariés et voulions un Bébé !!!

Les médecins étaient clairs, kystes, stérilité ...? Il fallait patienter, la cigogne n’exaucerait pas nos souhaits…

Nous profitions des instants que nous accordait le navire à quai… Mais dans la vie de Marin, la femme ne fait pas partie du sac.

L’actualité nous préoccupait, la guerre en ex-Yougoslavie s’enrayait… C’était clair, le Clémenceau allait appareiller !!! Nos courts week-ends devraient se raréfier.

J’attendais une mutation pour Toulon, j’espérais le Sud-est pour l’été mais rien n’est jamais gagné.

« Gizmo », le lapin saurait m’occuper…

Voilà, c’était parti l’adriatique inonderait l’horizon de notre marin en mission… L’opération Balbuzard !

L’ordinateur était une boite à malheur, internet balbutiait…

Légende ou réalité, il fallait être prudent, la correspondance était surveillée. Nous avions les informations que les médias nous donnaient. Les lettres arrivaient, mais 3 semaines après… tout était dépassé... Nous dations, numérotions chacun de nos courriers pour nous y retrouver… Certains ne sont jamais arrivés.

Des codes, des clins d’œil par des mots, pour surmonter les moments de solitude, pour sourire… Je m’endormais très tôt en relisant cette rare correspondance.

Ma maman était une écoute précieuse et fut un soutien de taille quand la date de ma consultation avec la gynécologue approcha.

Rien ne semblait avoir changé dans mon état de santé, elle nous avait préparés… L’intervention chirurgicale semblait inéluctable pour enlever ces kystes coriaces qui entravaient nos projets de Bébé. Même à l’examen, elle ne s’est doutée de rien.

Un test de grossesse (par précaution) accompagnait le bilan hormonal et l’échographie devaient nous préciser les modalités de l’intervention.

Maman avait eu 4 enfants, « bien sûr que je l’aurai su si j’avais été enceinte » !!!

Après 2 mois d’absence, Christophe rentrait pour une courte pose… je devais le récupérer à la gare de Marmande pour raccourcir son temps de trajet et rallonger nos heures ensemble.

Ce vendredi matin restera à jamais gravé dans ma mémoire…

Je pratiquais quelquefois des clichés radiologiques dans le cadre de mon travail à Hourtin et j’avais fait un stage des années auparavant dans ce cabinet de ville.

Je n’ai pas eu le temps de voir l’écran avant que ce médecin ne l’éteigne pour me demander « mon parcours médical ». Je crois qu’il voulait s’assurer de ne pas me choquer.

Mon « gros kyste » avait disparu !!! Un magnifique Bébé apparaissait sur cet écran rallumé !!! J’ai ravi le radiologue par mes larmes de joie.

Quand un marin partait, on ne savait pas quand il rentrerait...

La pression avant le départ ?

C'est sur, on avait déjà appris à vivre intensément le moment présent.

Ce n’était pas la cigogne mais "un Balbuzard" qui exauçait nos souhaits !!!

C’était il y a 21 ans déjà.

Ironie du sort, je crois pourtant que cet épisode de ta vie illustre bien ce que tu as vécu depuis.

Rien n’est facile mais, quelles que soient les entraves, quelles que soient les probabilités, tout ce que tu as entrepris jusqu’ici, tu l’as réussi.

Donnes toi les moyens de tes rêves, prends ta force dans les épreuves, aime sans compter…

Mais n’oublie jamais d’être heureuse !!!

Le bonheur et l’Amour sont les premiers ingrédients de ta vie…

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Foucaut 15/10/2014 18:58

C'est très très beaux! Une merveilleuse déclaration d'amour à ta fille! J'aimerai tellement savoir écrire comme toi! Les années passent tellement vite...Charles va bientôt avoir 18 ans!!!!! Sans nous......

Sophie 21/10/2014 14:32

Merci pour ton post, il me touche... Quel que soit le mode d'expression, laisse parler ton cœur. On a souvent peur d'exprimer ce que l'on ressent pour différentes raisons.
Peur d'être ridicule, peur d'être jugé, peur d'être trahi, rejeté ou ignoré... Mais on n’est jamais coupable d'aimer alors pourquoi s'autocensurer ?... Souvent par peur d'être blessé... Comme tu dis, le temps passe, on fait des erreurs, c'est vrai, mais le pire serait d'avoir des regrets...
Courage !!! Vous le retrouverez majeur, c'est vrai, mais surtout grandi, ouvert, épanoui par son expérience et au final plus proche encore...