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Porcherie ... L'homme et le porc...

Publié le par Sophie Assimans

Porcherie ... L'homme et le porc...

Un agriculteur en retraite, ancien porcher nous interpelle !!! (article en fin de page)

Vous, nous, moi, eux, tous les soi-disant « défenseurs de la nature » …*

 

Je suis infirmière et ancien pompier volontaire.

J’ai par nature le souci de la protection des personnes et des biens.

Je ne suis pas pour autant une « revendicatrice » du tout « Bio » et l’idée du « Tout ou Rien » ne m’est pas familière.

Il me paraît plutôt clair aujourd’hui que la protection de l’environnement n’est pas compatible avec nos modes de vie actuels.

La nature ne changera pas pour nous.

Il me semble donc plus objectif d’avoir des « comportements raisonnés » pour préserver notre existence et surtout notre santé.

En 2000, en tant que soignante, en milieu hospitalier, j’ai été amené à utiliser des produits pour la désinfection des lieux, surfaces et matériels médicaux.

En dépit du respect des protocoles et procédures mises en place, j’ai déclenché une intoxication au « glutaraldéhyde » et par extension une sensibilité aux ammoniums quaternaires ou autres produits antiseptiques.

 J’ai poursuivi mon travail pendant un an, intoxiquant chaque jour un peu plus mon corps dans le plus grand respect des règles d’hygiène hospitalière et de ma profession.

Cela faisait beaucoup rire, une infirmière qui n’arrive plus à parler !!!

Les activités aquatiques (dans le sud-est, inhalation de chlore) étaient un calvaire, les jardineries devenaient pour moi un milieu hostile (inhalation d’engrais), les choix de produits ménagers et bon nombre d’activités familiales en ont pâti…

Quand le couperet est tombé, j’ai dû m’adapter, quitter l’hôpital, revoir mes objectifs professionnels, personnels et mes diverses activités pour préserver ma santé.

C’était un accident de vie et j’ai pourtant dû y faire face seule…

 

Ces produits avérés toxiques pour moi, mais aussi pour d’autres collègues, ne pouvaient être retirés car aucun autre équivalent n’existait.

Cinq ans après, les fiches de toxicité apparaissaient.

Dix huit ans après, un bref passage en bloc opératoire ou une hospitalisation prolongée réactivent les symptômes de cette intoxication.

J’ai poursuivi ma vie, mes passions en m’accommodant et surtout en contournant ces contraintes.

Mes différentes activités m’ont ouvert la voie vers la prévention, la sécurité et la formation de personnels.

 

Bien sûr, je n’y connais rien en termes d’agriculture ou d’industrie mais je ne pouvais émettre un avis en tant que citoyenne ou conseillère municipale concernant le projet de l’installation d’une porcherie à OSSUN sans avoir lu les 300 pages du rapport de la préfecture soumis à la consultation du Public.

Le déversement de produits toxiques pour l’environnement évacués dans le lisier et ensuite épandus dans nos champs a suscité de vives interrogations…

L’arrêté préfectoral considérait le caractère « complet et régulier du dossier » mais la loi requiert une consultation publique pour ce type d’installation classée pour la protection de l’environnement…

« Une formalité selon les élus, quel que soit notre avis, le projet est déjà accepté » …

Bien sûr ! Qui sera le garant des plus fortes pressions face à l’autorité publique ?

  • Une grosse entreprise qui génère un gros chiffre d’affaire ? ou
  •  Une population qui veut protéger son terroir, son cadre de vie, sa santé ou dénoncer la maltraitance animale ?

A titre privé, j’ai fait part à la préfecture de quelques observations qui m’interpellaient dans ce rapport.

 

 J’ai également assisté à deux réunions avec la population du village voisin.

En tant que conseillère municipale, j’ai adressé un courrier au maire de ma commune.

 

Je pense avoir été suffisamment explicite dans mes courriers.

Je n’ai pas entendu beaucoup de revendications dans les environs…

 

Dans diverses conversations entretenues avec différents citoyens, voire même élus, j’ai pu entendre en substance :

  • L’épandage existe déjà… ça pue déjà… c’est déjà pollué…
  • Si ce n’est ici, cela se fera ailleurs…

Effectivement, l’humain comme tout animal évacue des excréments….

Effectivement, l’humain est par nature un pollueur.

Les plateformes de compostage des boues des stations d’épurations transforment nos « commissions » en terreau. (Je simplifie le procédé, bien sûr !!!)

Les agriculteurs bénéficient ainsi d’un engrais organique pour leurs champs et les jardineries de terreau pour nos plantations.

 

Avec l’augmentation de la population, de la durée de vie, avec les progrès de la médecine…, « nos boues » sont de plus en plus polluées par ce que nous ingurgitons (hormones et « chimiothérapies » diverses).

C’est ainsi que du chimique ou de l’organique, les terres sont déjà épuisées, saturées par nos « déchets » …

Ainsi, le monsieur a raison et qu’elle qu’en soit l’origine, vous trouverez toujours un agriculteur pour répandre « votre lisier », c’est une économie substantielle pour lui !!!

 

Qu’importe les nappes phréatiques, qu’importe les ruisseaux !!!

Au diable le ruissellement, les pluies diluviennes, les aléas climatiques…les distances sont légales !!!

Certains en font déjà les frais dans la qualité de l’eau qui leur est vendue !!!

On peut dire que les associations « écolo » exagèrent, mais si aujourd’hui des normes existent,

 N’est-ce pas pour « tirer la sonnette d’alarme ? Sans doute encore des sornettes !!!

 

Voici le parallèle avec mon intoxication !!!

Ce que peut tolérer notre corps a des limites… Quand on ne l’écoute pas, on en subit les symptômes…

Si on s’entête, les conséquences peuvent être lourdes !!!

 

Les ressources de notre terre ne sont pas inépuisables.

Depuis longtemps, pour subvenir à nos besoins croissants, nous intensifions l’agriculture, l’élevage…

Qui n’en voit pas les symptômes ? Les études des écosystèmes, les analyses en parlent…

Muselons-les !!!

La productivité est de rigueur…

Rien ne semble pouvoir remplacer les engrais, les pesticides et autres, sans polluer !!!

La nature est intoxiquée, elle se rebelle mais l’homme a un appétit croissant…

Qui va gagner dans ce rapport de force ???

Voilà, si nous insistons, que nous ne modifions pas rapidement nos comportements, les conséquences seront lourdes.

 

Après toutes ces années, avec le recul que nous avons et bien que je comprenne les intérêts des « deux camps » qui s’opposent aujourd’hui, je suis fatiguée des raccourcis, arguments tronqués…

Chacun crie de ses revendications, chacun a sa vérité oubliant que celle de l’autre peut être différente…

Sans tolérance, discussions, échanges, compromis, aucune victoire n’est juste ou noble…

La nature ne répond pas à nos lois et ne se laissera pas asservir sans conséquences !!!

 

Alors voilà encore une fois ma position, entre le « Tout ou Rien », ne peut-on pas essayer de faire quelque chose pour cohabiter au mieux ???

 

L’exemple des anciens n’est pas toujours bon à suivre…

Pourrait-on enfin commencer à apprendre de nos erreurs ?

 

 

*Je vous conseille d’ailleurs la lecture du document « Complément d’étude de création d’une plate-forme de compostage des boues des stations d’épuration de l’arrondissement d’Argelès-Gazost, d’Ossun et de Juillan » du SMDRA de 2010.

 

Sophie ASSIMANS

Porcherie ... L'homme et le porc...

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